Située tout autour de l’embouchure du Rhône dans la Méditerranée, la Camargue est la plus grande zone humide de France, fréquentée par des centaines d’espèces d’oiseaux différentes. On ne peut, hélas, parler de “sanctuaire” puisqu’il y a, comme 99% partout ailleurs en France, de la chasse, mais les mosaïques de zones protégées sont suffisamment amples pour accueillir une biodiversité assez foisonnante.

Jour 1
Pour notre première incursion dans ce paradis des ornithos, nous avions tout à découvrir, mais impossible en si peu de temps (à peine 36 heures) d’en faire tout le tour ! Nous nous sommes donc concentrés sur la région entourant le Parc ornithologique du Pont de Gau.
Nous sommes arrivés au premier spot en fin de matinée. Sous la pluie ! Pas grave, on est équipés et on a l’habitude (venant de Normandie…). Malgré les conditions humides, on observe vite beaucoup de passereaux dans les haies bordant le sentier : pinsons, mésanges, bruants, fauvettes, alouettes.
Plus loin, c’est un Martin-pêcheur qui passe. Avant une scène plutôt cocasse :

Il se fait faim. Retour à la voiture pour un pique-nique bucolique en face des moutons. L’après-midi, nous nous enfonçons plus loin sur le chemin du matin, jusqu’à une immense roselière, où l’on nous a promis un rdv avec des mésanges à moustaches. En chemin, nous croisons la route d’un nouveau passereau : le tarier pâtre ! Curieusement assez peu farouche.

Le fait d’avancer lentement, sans mouvements brusques nous offre une belle proximité avec des bruants des roseaux. Je parviens à faire de belles photos d’un mâle…

et d’une femelle.

Nous sommes maintenant en plein dans la roselière. Un faucon pèlerin est posé très loin sur un poteau. Je mets le doubleur sur mon 300mm, mais l’oiseau reste très très loin.

Dans l’affût ornithologique, nous sommes seuls. Pas grand chose à voir : quelques foulques, aigrettes et autres cormorans.

Sur la passerelle en bois qui traverse la roselière, on entend enfin les cris des panures. Les observer et surtout les photographier est une toute autre histoire : les tiges des roseaux sont très hautes, et notre vue, masquée ! Il faut faire preuve d’agilité pour grimper sur la rambarde et se tenir en équilibre tout en tentant des images. Toutes les panures que je vois sont baguées.

A plusieurs reprises, un busard des roseaux nous survole. Hélas, pas possible de faire de belle photo ! En revanche, je parviens à immortaliser un tout petit passereau, silencieux, qui grimpe délicatement le long d’une tige de roseau. Un cisticole des joncs !

Il est temps de rebrousser chemin et de regagner la voiture pour nous rendre aux Saintes-Maries-de-la-Mer et découvrir notre hébergement pour la soirée.
Jour 2
Nous aurions voulu nous lever à l’aube, et être dehors au moment du lever de soleil. Mais le confort du lit aura raison de nous. On est tout de même d’attaque à 9h du matin, et la lumière est toujours assez rasante et propice à de belles photos d’oiseaux. Nous empruntons un chemin caillouteux, qui fonce tout droit vers le Nord. Au gauche, des étangs puis une roselière, où nous observons quantité d’aigrettes, assez peu farouches. Plusieurs rapaces sont en chasse, et nous sommes surpris d’observer, en plus des busards des roseaux, un busard St Martin.

Notre progression est lente, car il y a tant à voir ! Et là, grosse surprise, droit devant nous : une fouine ! Non, une belette. On la voit traverser plusieurs fois le chemin, entrer puis ressortir des buissons. L’animal est petit, et nous sommes à bonne distance, mais je m’en tire avec un joli souvenir photographique, même si la netteté n’est pas totalement au rendez-vous.

La matinée est bien avancée lorsque nous décidons, après quelques instants de pause au bord de l’eau, de revenir sur nos pas. La lumière est maintenant assez crue, et moins propice à la photo. De retour à la roselière, nous surprenons un petit groupe de personnes les jumelles rivées sur les roseaux. Nous pensons qu’ils regardent des panures, mais il n’en est rien : un photographe animalier nous explique vite que se trouvent ici, des individus d’une espèce qui nous était jusqu’alors tout à fait inconnue : la talève sultane !

Nous mettons plusieurs minutes avant de les repérer, et je dis repérer, car au début cela s’est limité à de furtives petites tâches de rouge et de bleu derrière un rideau dense de tiges dorées. Mais c’est notre jour de chance : des cultivateurs sont en train de moissonner une partie de la roselière, et chacun de leurs passages provoque un dérangement des oiseaux qui, bien heureusement, ne sont pas encore en période de nidification.

La scène ne dure que quelques courtes secondes, et il est difficile d’anticiper à quel endroit précisément les oiseaux effectuent leur envol paniqué. Mon appareil photo est armé et prêt à déclencher : bingo ! J’ai une série de photos d’action assez réussies.

Je ne pensais pas que ces sultanes étaient si grandes ! J’imaginais plutôt une sorte de poule d’eau, mais ils sont bien plus majestueux, avec notamment une paire de pattes énormes.

Bien contents de cette superbe observation, nous regagnons notre véhicule et nous nous mettons en recherche d’un endroit où pique-niquer. On choisit un endroit totalement par hasard, au nord-ouest de Saintes-Maries, à côté d’une ancienne voie de chemin de fer. Un faucon crécerelle nous tient compagnie, mais aussi toute une bande de grues cendrées, au loin dans un champ devant nous !
De retour en ville, nous prenons un café à emporter pour nous asseoir en bord de mer, où nous contemplons mouettes et autres goélands.

L’après-midi, notre idée était de nous rendre au Parc du Pont de Gau, mais nous voulions attendre que le soleil soit moins haut dans le ciel. Nous décidons donc de tuer le temps en faisant un petit affût-voiture, sur le chemin que nous avions emprunté le matin, à pied. Nous voyons passer des cygnes, en vol, puis tout un groupe de cormorans. Non ! Ils ont le bec courbé : ce sont des ibis falcinelles !

Incroyable, nous ne nous attendions pas à en observer. Ce sont des oiseaux très étonnants : ils paraissent tout noirs, mais en réalité ils luisent de mille couleurs différentes, selon l’angle sous lequel on les observe, et la lumière disponible. Un sacré défi pour le photographe que de rendre justice à la beauté de leur plumage, d’autant que ce sont des oiseaux qui pêchent de façon assez vive, constamment en mouvement.

Il est maintenant 15h30, le moment venu de nous rendre au Parc ornithologique. Que dis-je, le zoo ornitho ! C’est du moins l’impression que cela donne, en arrivant devant les premiers étangs, remplis de colonies de flamants roses devant lesquels, à 2 mètres à peine, des familles de touristes font des selfies-souvenirs.

Nous décidons de passer cette partie surpeuplée pour faire le grand tour du Parc, jusqu’aux observatoires les plus éloignés. Là nous observons des canards, des limicoles, et plusieurs ragondins, très peu sauvages…

La lumière commence doucement à décliner, et le parc s’est maintenant bien vidé. A l’un des observatoires, nous admirons les bécassines, des oiseaux que l’on ne voit pas tous les jours.

Les bécassines sont entourées de toute une colonie d’aigrettes garzettes qui cherchent leur souper du soir. J’ai des dizaines de possibilités photographiques, et prends beaucoup de plaisir à tirer leur portrait.

Le soleil descend vite maintenant, et le temps de revenir vers les étangs de l’entrée du Parc, c’est presque le crépuscule. C’est le moment que je choisis pour faire quelques photos inéluctables des grands flamants, des oiseaux à la morphologie vraiment singulière !

Tout à coup je vois passer un couple de colverts. L’occasion est trop belle : je peux les faire entrer dans le cadre sur fond de flamants. De retour chez moi le lendemain, je remarquerai que les photos sont également infestées de moustiques !

splendide!
Bravo et merci !!!
quel ravissement de voir tous ces animaux il ne nous manque que le son .Merci pour ces tres belles photos .
Merci beaucoup Danielle ! Vous pouvez consulter ma chaîne « wild shots » pour voir quelques courtes vidéos, avec du son 🙂 https://www.facebook.com/watch/306992226158375/1135590676890468