En épiant mon voisin goupil

Je vous ai déjà parlé de ma voisine Martine, la flèche orange et bleue que j’ai eu le bonheur d’observer à différentes périodes de l’année, juste de l’autre côté du ruisseau au fond du jardin. A côté de l’étang du voisin, où elle pêche, il y a une plantation de noyers, avec pas mal d’herbes folles au printemps. C’est là que je me suis rendu compte que j’avais un autre voisin…

© Oeil Sauvage / Richard Holding

Pour mes sorties naturalistes dans la vallée derrière chez moi, j’emprunte souvent un petit sentier qui longe le ruisseau, et qui offre de belles vues sur cette zone sauvage semi-ouverte, où j’ai déjà eu l’occasion d’apercevoir un lièvre et un chevreuil. Ce 7 mai 2021, je décide de prendre justement ce sentier pour me rendre à une prairie fraîchement fauchée, à environ 1km de la maison. A cette saison, il y a de bonnes chances d’observer renards et autres petits prédateurs, en fin de journée ou très tôt le matin. Après ma rencontre mémorable avec un renard au printemps 2020, pendant le confinement dans les Deux-Sèvres (histoire à lire ici !), j’espérais revivre une situation similaire, dans la Drôme cette fois.

Le ciel est voilé, mais la soirée est calme. L’idée, ce soir est plutôt de prospecter la zone à l’aide de jumelles, en vue de revenir faire un affût. Mais je prends l’appareil photo au cas où… Je sors de la maison, je rejoins le sentier du ruisseau, et là, stupéfaction : alors que je n’ai même pas fait 50 mètres, toujours dans le jardin, je vois un animal au poil roux dans la zone des noyers, de l’autre côté du ruisseau. C’est un renard !! Il est à même pas 15 mètres de moi, et par chance il ne m’entend pas, sans doute parce que le ruisseau coule à flots.

© Oeil Sauvage / Richard Holding

Je n’étais pas préparé à cette rencontre, donc j’improvise… Je me déplace le plus silencieusement possible de quelques mètres, pour me cacher derrière un gros arbre. L’herbe est très haute, et le renard lève rarement la tête : il chasse !

Parfois, je le perds complètement de vue comme il est court sur pattes et a la tête tournée vers le sol, à la recherche de lombrics ou de petits rongeurs. Pour faire une photo de son regard, il va falloir être patient Pendant 10 bonnes minutes, je l’observe sans qu’il se doute de ma présence. Enfin, il lève la tête ! Je n’ai que quelques secondes pour réagir.

© Oeil Sauvage / Richard Holding

Je suis plus haut que lui, donc je n’ai qu’un angle de contre-plongée pour le photographier, impossible donc de l’isoler du fond pour avoir un bokeh intéressant. Qu’importe, j’ai en face de moi un renard tout tranquille, et je suis aux anges !

Il est 20h37, et je le perds de vue. La lumière commence à décliner, mais j’attends encore un peu au cas où. C’est là que je me rends compte qu’il a été plus malin que moi : il s’est assis, caché derrière un amas d’herbes plus hauts que les autres, et il me regarde !! Il a dû sentir ma présence, mais il ne semble pas trop perturbé puisqu’il reste ainsi plusieurs minutes. Je n’ose bouger d’un poil… Il finit par partir, doucement. J’en profite pour l’éloigner moi aussi.

© Oeil Sauvage / Richard Holding

Maintenant que j’ai un nouveau voisin, j’ai hâte de le recroiser à nouveau. Je décide donc de revenir le lendemain, à la même heure, on sait jamais !

Le 8 mai, je sors de chez moi à 20h40. Goupil est déjà dans la place ! Comme la veille, il chasse tranquillement sous les noyers. Il commence par me tourner le dos… Pas très sympa, ce nouveau voisin !

© Oeil Sauvage / Richard Holding

Mais au bout de cinq minutes, il lève soudainement la tête et semble intrigué par quelques chose, sur ma gauche. C’est à ce moment-là que je déclenche. Ce sera ma seule occasion de la soirée. Pas grave, j’ai revu mon voisin, et je suis content !

© Oeil Sauvage / Richard Holding

Le lendemain, 9 mai, Goupil est de nouveau de sortie, à la même heure, mais cette fois il est plus loin, et je ne verrai jamais clairement son regard. Je ramène tout de même une photo pour le souvenir.

© Oeil Sauvage / Richard Holding

Le scénario continue le 10 mai : le renard est là à la même heure, au même lieu de RDV, pour mon plus grand bonheur ! Mais je ne ferai plus jamais de photos comme à la première journée. Ce soir encore, le renard est loin, caché par l’herbe, et les photos que je fais seront plus des souvenirs, histoire de me rappeler que oui, pendant 4 soirs de suite, j’avais rendez-vous avec mon voisin Goupil !

© Oeil Sauvage / Richard Holding

Quinze jours après cette merveilleuse rencontre, j’ai eu le grand bonheur d’observer deux autres renards, dans un autre contexte. Je vous raconterai cette histoire dans un nouvel épisode à venir bientôt !

P.S : J’ai choisi une de ces photos de renards pour illustrer l’un des mois du calendrier OEILSAUVAGE 2022 ! Si vous souhaitez en recevoir un exemplaire, n’hésitez pas à me contacter.

Les émotions ça se partage !
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Richard Holding Écrit par :

2 Comments

  1. Mummy Holdingsusan79@gmail.com
    14 novembre 2021
    Reply

    What a thrill. How exciting for you. What a beautiful creature!

  2. […] C’est un autre renard qui a occupé mes soirées de printemps, un an après celui de la couverture. Celui-ci est drômois, et pour mon plus grand bonheur, il est venu chasser à quelques dizaines de mètres de chez moi, juste de l’autre côté du ruisseau, dans une prairie semi-sauvage. Je raconte plus en détails les coulisses de cette rencontre dans l’histoire illustrée « En épiant mon voisin Goupil« . […]

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