Un affût à… pigeon ramier

Au gré de balades dans mon village, à l’automne, j’ai eu le bonheur de croiser à plusieurs reprises des écureuils roux, toujours confinés au même secteur, dans un bosquet de chênes et de noyers. Ne sortant jamais sans mon appareil photo, j’ai réussi à les immortaliser plus d’une fois.

© Richard Holding / Oeil Sauvage

La photo ci-dessus était un sacré coup de chance ! Vue la grande activité de ces rongeurs en cette saison, qui passent l’essentiel de la journée à manger et à créer des réserves de nourriture pour passer l’hiver, je me suis mis en tête de réaliser une photo encore plus créative – celle de surprendre l’une de ces adorables petites créatures à même le sol, à ramasser glands ou noix, son pelage roux se mêlant à la couleur rouille du tapis des feuilles automnales.

Je décide donc de créer un affût naturel, entre les branches, avec un accès privilégié me permettant d’arriver au site sans déranger les habitants locaux. Pour attirer les écureuils à l’endroit voulu, je crée un point d’eau, peu profond, leur donnant simplement la possibilité de venir s’abreuver.

Ma première séance d’affût s’est révélée bien infructueuse, même si j’ai bien aperçu un écureuil se faufilant entre les branches au dessus de moi (bien compliqué à prendre en photo depuis mon affût).

La fois d’après, zéro écureuils, mais un faisan, au loin, puis un lièvre qui est passé à toute vitesse. Trop tard pour la photo… Le même jour, un épervier venu se poser quelques secondes juste au dessus de moi – la première fois de ma vie que j’en vois un ! Je « réussis » une photo (floue !) à travers les branches denses.

© Richard Holding / Oeil Sauvage

Au troisième affût, toujours aucun écureuil à l’horizon. 30 minutes d’attente, 1 heure… à peine quelques mésanges et un traditionnel rouge-gorge pour me tenir compagnie. Je m’apprête à plier bagage mais voilà que quelque chose bouge là-bas, droit devant ! Hélas, pas un écureuil. Mais un élégant pigeon ramier. Je prends tout de même une photo, histoire de ne pas rentrer bredouille… Et passé la déception de ne voir qu’un pauvre pigeon solitaire comme on en voit des centaines par ailleurs, je me rends compte que dans ce décor, ce pigeon est en réalité vraiment magnifique à regarder !

La photo de l’écureuil que j’avais en tête, avec ce premier-plan flou créé par les feuilles entassées au sol, l’arrière-plan lumineux généré par une large trouée dans le bosquet n’existe toujours que dans mon imagination. Mais cette photo d’un simple pigeon évoluant dans un décor automnal est en fait vite devenue l’une de mes photos préférées toute espèce confondue !

La discrète apparition du pigeon… © Richard Holding / Oeil Sauvage

Moralité artistique, donc : un sujet banal dans un décor somptueux vaut peut-être mieux qu’une rareté dans un cadre austère…

Moralité tout court : il faut savoir se laisser surprendre, et faire de ses échecs d’authentiques belles réussites !

 

Les émotions ça se partage !
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5 réponses sur “Un affût à… pigeon ramier”

  1. C’est toujours beau la nature. C’est ce que j’aime sans bouger,écouter et regarder autour de moi. Quand j’etais petite,j’etais très turbulente,mais mon plaisir c’etait de m’asseoir au pied d’un arbre à la campagne et de regarder les nuages et les oiseaux autour de moi. Très beau ce que vous avez fait.

  2. J’ai passé des heures gamines à regarder les ramiers sur le cerisier du petit jardin de mes parents !! J’adorais leur plastron allant du gris au rose… Dans la nature tous les sujets sont magnifiques, surtout qu’ils sont sans cesse en interaction avec ce qui les entoure… Un petit ver qui bouge, une feuille qui s’envole… Il n’y a rien de plus morne et triste que des photos d’animaux en captivité….

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